De la recherche du local à l’ouverture : la naissance du Refuge
Une étude de marché pour choisir le bon quartier
Pour la recherche du local, j’ai d’abord fait une étude de marché en prenant une carte de Bruxelles avec toutes les librairies indépendantes, afin de voir où le marché était déjà saturé et où il y avait encore de la place. Pour cette étude de marché, je me suis aidée de Librel, qui recense les librairies indépendantes francophones de Belgique, ainsi que de hub.brussels.
Au début, mon attention se portait sur Etterbeek : Jourdan et la place Saint-Pierre ; Ixelles : Fernand Cocq, Flagey et Matongé ; ainsi que le Cimetière d’Ixelles. Avec le hub, on a pas mal analysé ces quartiers, leurs avantages, leurs inconvénients, le tissu commercial qui existait déjà et ce qui manquait. Il est possible d’avoir ces informations par quartier grâce au site Analytics.be.
Avec ma coach au hub, nous avons fait un Retail Tour du quartier Cimetière d’Ixelles – Petite Suisse – Roeffian. J’ai contacté quelques commerçants pour avoir leur retour d’expérience, comme Le Camp de Base, par exemple.
De la théorie à la réalité du marché immobilier
Après toutes ces analyses, mon attention s’est concentrée sur le quartier Cimetière d’Ixelles – Petite Suisse, et j’ai commencé à visiter des locaux commerciaux dans cette zone.
Mais évidemment, il y a la théorie, puis le réel : ce qui existe. On peut avoir un quartier très précis en tête, mais s’il n’y a pas de local commercial à louer, c’est compliqué. Les commerces étaient trop chers, en trop mauvais état ou pas très bien placés.
Au fur et à mesure des visites, j’ai dû me résoudre à élargir mon champ de recherche. C’est comme quand on cherche un appartement : au début, on a une liste d’envies et, plus on visite, plus on fait des concessions.
À la rencontre des communes bruxelloises
Pour cette recherche de local, j’ai également contacté les maisons communales des communes qui m’intéressaient. Chaque commune a un pôle qui s’occupe des commerçants et des entrepreneur·euses. Je suis toujours tombée sur des personnes très sympathiques, accueillantes et bienveillantes, avec une réelle envie d’aider.
J’ai contacté la commune d’Ixelles, la commune d’Etterbeek et la Ville de Bruxelles. C’est toujours utile de les contacter, car certaines communes mettent en place des stratégies pour développer le tissu commercial d’un quartier et offrent des primes. Certaines communes sont également propriétaires de locaux commerciaux et proposent des options permettant de louer temporairement un local à très bas prix afin de tester son activité.
La Ville de Bruxelles a été très active pour m’aider dans la recherche d’un local commercial, car elle est également engagée dans un processus de redynamisation de certains quartiers. J’ai visité certains de ces locaux et, en parallèle, la Ville m’a aussi conseillé de prendre contact avec le CPAS de Bruxelles, qui détient également des locaux commerciaux.
La découverte du local de la rue du Lombard
C’est comme ça que je suis tombée sur le local de la rue du Lombard.
Comme il s’agit d’un local appartenant au CPAS de la Ville de Bruxelles, il fallait remplir tout un dossier de candidature et passer devant un jury. La procédure a été très lente. À côté de cela, je continuais tout de même à visiter des locaux, car je n’étais sûre de rien et avais peu de nouvelles concernant le suivi du CPAS.
J’avais rendu mon dossier fin février et je n’ai reçu une réponse que mi-mai. Heureusement, elle était positive. Comme j’avais prévu d’ouvrir début septembre, je comptais environ trois mois d’installation. Début juin était donc ma date butoir pour trouver un local.
Je ne cherchais pas spécialement dans le centre-ville au départ, car mon public cible n’est pas constitué de touristes. Mais la devanture du local était très belle, le local avait la taille que je recherchais, il était en bon état et bénéficiait d’une situation offrant une bonne visibilité et beaucoup de passage.
Transformer un ancien magasin de sneakers en refuge de montagne
Le local était en bon état, mais nécessitait beaucoup de travaux, car avant moi, c’était un magasin de chaussures : un magasin de sneakers en éditions limitées, un peu de luxe. Pas trop l’atmosphère que je recherchais.
Au début, je voulais simplement enlever tout l’aménagement et la décoration, puis refaire le local à mon goût pour lui donner une ambiance de chalet de montagne, tout en bois. Je voulais recréer un refuge de montagne, avec une ambiance chaleureuse et cosy. Sauf qu’on m’a vite calmée au niveau du budget : le bois est une matière première très chère.
Avec le hub, on a aussi droit à la consultation d’un architecte d’intérieur. C’est lui qui m’a conseillé d’essayer de composer au maximum avec ce qui existait afin de limiter le budget. Comme tout était encore en très bon état, cela aurait été dommage de tout enlever.
Cela m’a beaucoup stressée au début, car je ne voyais pas du tout les choses comme ça. Je me rendais compte que mon chalet de montagne était sûrement un rêve très ambitieux. J’étais assez perdue et j’ai dès lors fait appel à un bureau d’architectes. Ce n’était pas une dépense prévue au départ, mais je n’arrivais pas à me projeter dans ce local. Ils ont donc réalisé des plans et créé une ambiance aussi proche que possible de mon refuge de montagne, tout en respectant mon budget.
Des travaux à l’ouverture de la librairie
Je me suis aussi rendu compte que les travaux, ce n’était pas pour moi. Il y en a qui adorent ; moi, ça me stresse plus qu’autre chose. Heureusement, j’étais bien entourée par un ami entrepreneur et par ces architectes.
Les travaux ont mis un peu de temps à se mettre en place et, dans le rush et avec un budget serré, cela a été assez stressant. En plus de cela, tout s’est un peu fait en même temps : les travaux, les commandes de livres, l’encodage et le rangement de tous les livres, la recherche de décoration, l’installation du logiciel, etc.
J’ai eu les clés du local début juin et les choses se sont réellement mises en place à la mi-juillet. Je voulais ouvrir le 1er septembre, mais j’ai reculé l’ouverture d’une semaine, car ce n’était pas possible, tout en essayant de relativiser : tout ne serait pas parfait à l’ouverture.
Je ne pouvais pas non plus trop attendre, car le CPAS de Bruxelles avait accepté de m’accorder une exemption de loyer pour juin, juillet et août afin de réaliser les travaux. Je commençais cependant à payer un loyer le 1er septembre et il me fallait donc ouvrir. De plus, septembre correspond à la rentrée littéraire et constitue donc un gros mois de vente.
Un moment suspendu au milieu de la ville
J’espère en tout cas avoir réussi à donner une petite ambiance de chalet à la librairie, une atmosphère calme et sereine au milieu des bruits de la ville. Un moment suspendu pour lire, imaginer sa prochaine expé, rêver et partager.